08 Avr 2025 Communication RFCL Evénements, Highlight, VIP
« Bouli est un monument, un monstre au sens noble du terme, qui fait honneur à cette ville. Bouli, merci d’être toi ! » Ce sont les mots de Jean-Paul Lacomble au moment d’accueillir Philippe Lanners, alias Bouli Lanners, à l’occasion de notre Business Club 1892 du lundi 7 avril. Retour sur une soirée exceptionnelle.
Des souvenirs de Rocourt
Né à Moresnet-Chapelle, dans la province de Liège, le 20 mai 1965, Bouli Lanners se souvient des trajets qu’il effectuait avec son père pour venir supporter le RFC Liège à Rocourt : « C’était un vrai calvaire de se rendre à Rocourt depuis La Calamine pour assister aux matchs. Un jour, je me souviens, un ami de mon père est mort d’émotion après un but du matricule 4. Ses amis disaient qu’ils auraient aussi aimé mourir comme ça. »
De la peinture au cinéma
À l’adolescence, une passion pour la peinture et le cinéma naît chez Bouli, qui connaîtra une brève période à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. « À la base, mon père voulait que je devienne douanier. Mais un jour, je me suis inscrit à l’Académie des Beaux-Arts, car je voulais devenir peintre. J’ai fini par me faire renvoyer. Alors, j’ai commencé à enchaîner plusieurs petits boulots. Puis est venu un moment où je travaillais dans un bistrot, dans lequel j’ai rencontré une équipe de tournage qui a décidé de me recruter. Sûrement parce que j’étais un petit gros et que je parlais allemand. Et donc, par pur hasard, je suis arrivé dans le monde du cinéma. Je suis passé d’artificier à décorateur, puis accessoiriste de plateau. J’ai même fait à manger. J’ai vraiment appris tous les métiers du cinéma avant de devenir acteur. »
C’est dans les années 1990 que le grand public découvre Bouli Lanners, grâce à son passage sur Canal+ Belgique et sa collaboration avec l’émission humoristique Les Snuls. Son charisme atypique et son humour décalé séduisent rapidement, ce qui lui ouvre la porte à des rôles dans des films et séries belges, avec une première apparition marquante en 1990 dans Toto le héros de Jaco Van Dormael.
Acteur, mais aussi réalisateur
Ne se contentant pas d’être acteur, Lanners passe derrière la caméra et impose un style bien à lui. En 2005, il réalise Ultranova, puis, trois ans plus tard, Eldorado (2008), un road movie surréaliste et absurde salué par la critique. Suivent Les Géants (2011), Les Premiers, les Derniers (2016) et, plus récemment, Nobody Has to Know (2021), un film qui marque son incursion dans le cinéma international. Ce dernier long-métrage lui vaut plusieurs distinctions : le prix du meilleur acteur au Chicago International Film Festival, le Magritte du meilleur film et du meilleur réalisateur, ainsi que le prix de la meilleure photographie au Festival du film d’Ostende. « Mon regard de peintre influence ma manière de filmer. Parfois, je fais des arrêts sur image sur des paysages que je pourrais ou que j’ai dessinés. »
Le théâtre de la Couverture chauffante
En 2023, il inaugure le Théâtre de la Couverture chauffante, un espace unique situé dans un ancien relais à chevaux du XIXe siècle, sur la colline de Cointe. Ce projet, qu’il réalise avec son épouse Élise Ancion, costumière et metteuse en scène, propose une expérience théâtrale originale où Bouli prête sa voix et manipule des marionnettes, avec l’aide d’un plankêt chargé des bruitages en direct. Avec des personnages comme Tchantchès et Nanèsse, les pièces jouées — toutes écrites par Bouli — mêlent habilement tradition liégeoise et poésie personnelle. « Intégrer les marionnettes au cinéma ? Non. Ce sont deux choses incompatibles pour moi. Dans les marionnettes, j’ai un goût pour raconter certaines histoires que je ne pourrais pas raconter au cinéma. »
« Je suis un vrai baraki… »
Bouli n’oublie jamais d’où il vient. Que ce soit un soir de février 2023, sur la scène de l’Olympia à Paris, où il avait lâché : « Putain, je viens de Liège quand même », après avoir remporté le César du meilleur second rôle pour son interprétation dans La Nuit du 12 de Dominik Moll, ou lors du Business Club 1892 : « Je n’oublie pas d’où je viens. Bien sûr, je reconnais la chance que j’ai eue, mais je me souviens aussi que je viens d’une famille de paysans avec peu d’argent. Je suis un vrai baraki. Ma maman a vécu dans un baraquement après la guerre. » Il poursuit en affirmant : « Il ne faut jamais renourrir ses blessures. Quand j’écris un film, je suis souvent triste. Mais quand on écrit quelque chose qui nous tient à cœur, on libère cette tristesse. Ensuite, il faut la laisser cicatriser définitivement. »
Avr 29, 2026 Commentaires fermés sur 2026-2027 | Abos & permanences de mai
Avr 25, 2026 Commentaires fermés sur PO retour | RFCL-Lommel le 27/04